EVELYNE

Psychanalyste
A dû quitter son cabinet rue d’Aubagne
Bénévole pour les personnes délogées

temps d'écoute : 2'37

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« Le dénominateur commun que nous accompagnons, c’est ce sentiment d’insécurité psychique, d’instabilité. Et maintenant d’usure. Y a des gens qui sont délogés depuis 6 mois et qui savent toujours pas où ils vont avoir un appartement provisoire. C’est incroyable.


Avec ces effondrements il y a beaucoup de personnes qui sont sorties de la honte, qui ont dit « Moi j’habite un appartement qui ne me va pas, qui n’est pas digne. » La question maintenant c’est comment maintenant on va traiter l’insalubrité. Là en urgence on traite la dangerosité mais l’insalubrité c’est de la dangerosité à long terme. Avant il y avait des problèmes de logement mais dans les écoles par exemple, les enfants n’en parlaient pas. Ca ne sortait ni avec les psychologues scolaires, ni avec les enseignants. C’était une honte, on n’en parlait pas. Aujourd’hui ça sort. Quelque part, ces effondrements et cette mobilisation citoyenne crééent la possibilité de sortir de la honte. C’est pas sûr qu’on y arrive, mais ça permet déjà d’en parler. Pour ceux qui n’habitent pas dans des logements indignes, il y a aussi de la honte : celle de s’être résignés, d’avoir été témoins de ça. Il y a une honte commune pour tous : celle de savoir comment peut-on accepter cela à Marseille ? »

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