FABIEN

51 ans, 3 enfants
Délogés 4 mois
Revenus dans leur appartement

temps d'écoute : 2'23

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« Le 27 février, le jour de mon évacuation, je pensais pas que ça allait me toucher autant. Petit à petit, avec les obstacles, les galères, les assurances qui vous disent qu’elles vous suivent et qui vous suivent pas… je pensais pas que j’allais être autant perturbé par cette histoire. Finalement ça c’est avéré être un parcours du combattant. Pour certains c’est même un cauchemar. Moi je fais face mais je me suis quand même mis en arrêt maladie, j’étais plus en état de bosser. On perd le sommeil aussi.

Un beau jour j’ai décidé de prendre une pancarte et d’aller sur une manif. J’en avais mal d’être invisible, marre d’être seul dans ma misère. C’est bien beau d’appliquer le principe de précaution mais déloger des gens, parfois c’est justifié mais parfois c’est fait de manière abusive, à tour de bras, sans s’occuper des conséquences humaines et financières sur les gens. Au bout de 4 mois, je pense que ça m’a changé. J’ai changé mon regard sur ceux qui peuvent entrer en galère, les SDF par exemple, je ne les vois plus de la même manière. On est fatigués, je ne sais pas où je vais habiter dans 10 jours alors que j’ai trois enfants à loger. C’est fatiguant. »

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